Devenir consultant sans diplôme

Salut à toi et bienvenue.

J’espère que tu vas bien. Alors, je te préviens, j’ai pris pas mal de notes parce que le sujet m’inspirait. Et du coup, ben, j’espère que je ne vais pas trop lire mon écran. Cela changera d’avant ou j’étais en train de faire de l’impro pendant 15 minutes. Bref, aujourd’hui, tu l’as deviné, je voudrais t’expliquer comment devenir consultant sans diplôme. Je fais ce podcast parce qu’on me pose souvent la question : « Quel diplôme il faut faire pour devenir freelance, consultant plutôt ? Est-ce que je dois faire une école digitale ? Est-ce que je dois faire une école de commerce ? C’est quoi la voie pour y arriver ? »

 

Mon parcours

Personnellement, je suis consultant en marketing digital et j’ai tout sauf fait des études en marketing, déjà, je n’ai pas fait d’école de commerce. Tu vois, je n’ai pas fait… j’ai fait une prépa commerciale à un moment. J’ai fait une prépa commerciale pour, en théorie, faire une école de commerce, mais je ne suis pas allé jusqu’au bout. Je me suis arrêté au bout d’un an parce que cela me saoulait. Et je n’ai pas non plus fait d’école, tu vois, dans le digital. Je n’ai pas… voilà, je ne suis pas formé dans le digital quand j’étais étudiant. Ce que j’ai fait moi, c’est une licence de droit. J’ai fait trois ans de droit. Donc, rien à voir. J’ai fait une prépa commerciale juste avant que j’ai arrêté comme je te le disais et après, ma licence de droit, je me suis dit : « Bon, je suis créatif, je vais faire de la publicité. » Du coup, j’ai fait quelques mois d’école de publicité et j’ai tout appris sur le tas. Donc, je pense avoir quelques conseils à te donner par rapport à cela. C’est un peu comme si je n’avais pas de diplôme, si tu veux. C’est quasiment pareil parce que j’ai fait des trucs extrêmement variés.

Premier constat

Déjà, il faut que tu saches un truc : personne, mais vraiment personne, ne te demande en fait ton diplôme quand tu es face à un client. Tes clients, tes prospects ne te demandent jamais ton diplôme, et en fait, de preuves que tu as fait du marketing ou du digital. Ils s’en fichent complètement. J’ai de temps en temps, moi, des remarques si tu veux, par rapport au fait que j’ai un profil atypique, par rapport au fait que : « Ah, tiens, c’est intéressant que vous ayez fait du droit. » mais c’est souvent d’ailleurs ce qui leur plaît. C’est-à-dire que souvent, les clients me disent : « Ah tiens, c’est intéressant que vous ayez un regard atypique, un profil atypique parce que justement vous allez avoir un regard différent sur notre business, par rapport aux différentes personnes avec qui on a bossé dans le passé. » Donc, c’est ce qui leur plaît, si tu veux.

 

Donc, le fait de ne pas avoir un diplôme, c’est un atout. C’est un atout dont tu dois absolument jouer parce que tu as un regard neuf en fait. Tu ne fais pas partie de tous ces consultants qui ont fait une école de commerce. Tu as peut-être en tête justement, toi, ces consultants, tu vois, qui ont fait HEC, en costard cravate, ou une autre école de commerce d’ailleurs. Et il y en a – j’en connais – mais le terme de consultant, il ne se limite pas à ces personnes en costard cravate qui ont fait une école de commerce, qui ont fait HEC ou le SCP ou ce que tu veux. Peu importe. Cela ne se limite pas à cela.

Qu'est-ce qu'un consultant ?

Un consultant, en fait, pour définir le truc, c’est quelqu’un qui travaille à son compte et qui peut aider des entreprises à atteindre un objectif précis et quantifiable. Tu vois que la définition, elle est assez large mais cela ne veut pas dire quelqu’un qui a absolument fait une école de commerce et qui, tu vois – je ne sais pas – et qui porte un costard et qui, bref, a fait bac +8. Ce n’est pas du tout le cas. Les décideurs en entreprise en fait, ils s’en fichent de ton passé. C’est-à-dire que soit tu es capable d’avoir des résultats, soit tu n’es pas capable. Mais ils ne te demandent pas ton diplôme à l’entrée. Ils s’en fichent complètement. Si tu peux les aider, ils te payeront. C’est-à-dire que…, enfin moi, je n’ai jamais – mais vraiment jamais – eu quelqu’un qui m’a demandé : « Est-ce que vous avez déjà fait du marketing machin ? » On me dit, voilà, les quelques remarques comme je te l’ai dit : « Vous avez un profil atypique. » mais cela ne va pas plus loin que cela, si tu veux. On ne me scanne pas, on ne me fait pas passer de test d’interrogatoire. Je suis d’ailleurs assez halluciné en général par cela à quel point ils s’intéressent peu à moi.

 

Quand tu auras des rendez-vous avec des clients en tant que consultant, tu verras que souvent, tes clients, tes prospects, tes clients potentiels, tes prospects, ils parlent beaucoup d’eux. Ils s’intéressent très peu à toi, si tu es là pour les aider, pour atteindre un objectif précis et quantifiable, derrière, ils vont parler d’eux. Et tant mieux, parce que moi, cela me permet de créer une relation de confiance avec eux. C’est-à-dire que je peux comprendre mieux leurs problèmes et leur expliquer que je peux les aider à atteindre leur objectif. Alors que s’ils me posaient des questions constamment sur moi, ce n’est pas très intéressant. Les gens adorent parler d’eux : les clients potentiels, les prospects adorent parler d’eux. Donc, tant mieux, si tu veux. C’est un réel atout en fait qu’ils s’intéressent peu à toi. Donc, profites-en.

 

Il y a des métiers évidemment pour lesquels tu as besoin d’un diplôme. Tu as les métiers d’avocat, de médecin, etc. Mais la beauté du consulting, c’est justement cela. Il n’y a pas de barrière à l’entrée. C’est-à-dire que tout le monde peut en théorie devenir consultant, alors à condition évidemment d’être capable d’avoir des résultats – encore une fois – quantifiables et précis. Et c’est à toi de convaincre en fait tes clients que tu es capable d’avoir ces résultats-là. Donc, tout dépend de toi. Il faut te former personnellement. Tu n’as pas besoin de diplôme donc, mais tu dois te former seul dans ton domaine. Cela peut être en marketing digital. Cela peut être en SEO. Cela peut être en rédaction. Cela peut être dans ce que tu veux, donc, dans ton domaine, pour être capable d’avoir des résultats, mais tu n’es pas du tout obligé d’aller dans une école pour cela.

Mon expérience

Enfin, je veux dire, moi, encore une fois, le marketing digital, je l’ai appris sur le tas. Je n’ai jamais attendu qu’on me donne un diplôme pour cela. Les seuls diplômes que j’ai – encore une fois – c’est, moi, j’ai une petite validation de mon année de classe préparatoire commerciale où on faisait quelques maths. Mais j’étais surtout bon en économie, en histoire, etc. Ensuite, j’ai ma licence de droit qui me sert absolument à rien. Le seul intérêt, moi, de ma licence aujourd’hui, c’est que je suis assez carré à s’organiser. Cela, c’est vraiment quand même le truc que j’en ai tiré, mais en soi, cela ne me sert pas particulièrement. Et ensuite, mon diplôme de publicité, alors bon, de création publicitaire, il ne m’a pas vraiment servi. C’est-à-dire que j’ai appris les compétences. Et ensuite, la majorité des choses, je les ai apprises sur le tas, tout seul, en me formant, tu vois, en consultant des blogs, en regardant des vidéos, en testant les choses par moi-même. Donc, il faut que tu te formes par toi-même, peu importe ton diplôme, pour avoir des résultats précis et quantifiables pour tes clients, pour que tu puisses leur promettre autre chose que du vent – parce qu’il y a beaucoup de consultants qui vendent également du vent. Et l’autre chose que tu dois apprendre, c’est à trouver des clients, c’est à décrocher des contrats tout simplement.

Deuxième constat

Donc, on a souvent déjà de bonnes bases dans notre domaine, si tu écoutes ce podcast ou si tu regardes cette vidéo sur YouTube, tu as sans doute déjà de très bonnes bases. Peut-être que tu es rédacteur depuis longtemps ou rédactrice. Peut-être que tu es community manager depuis un certain temps. Bref, tu connais déjà ton sujet, on se forme continuellement, c’est-à-dire qu’on apprend toujours des trucs, mais tu connais déjà ton domaine, ton sujet, tu maîtrises à peu près ton sujet. Alors, ne t’arrêtes jamais d’apprendre là-dedans, mais en tout cas, tu as déjà de bonnes bases, c’est souvent le cas. Mais le plus dur en fait, c’est d’apprendre à trouver des clients. Le plus dur, c’est de réussir à décrocher des contrats. Et être empathique, crée de la confiance, convaincre quelqu’un, ça, tu ne l’apprends pas à l’école, si tu veux. Et même, je pense que c’est un atout encore une fois de ne pas avoir de diplôme parce que souvent, tu n’as pas d’a priori, de présupposés.

 

Moi, je me rends compte que les personnes qui ont fait des écoles de commerce que je rencontre, avec qui je travaille, parfois, elles ont énormément d’a priori. Elles pensent que c’est comme cela qu’il faut faire. Elles sont très formatées. Toi, tu as un super avantage de ne pas avoir de diplôme ou d’avoir des diplômes variés comme moi, c’est que tu as une approche différente. Donc, cela te permet sans doute de comprendre mieux les problèmes des gens. Moi, ce qui est vachement bien en étant vierge de tout a priori par rapport au business de mes clients, tu vois, souvent je bosse avec des clients qui sont dans des business que je ne connais pas du tout. Le super atout par rapport à cela, c’est que je leur pose des questions en profondeur. J’essaie vraiment de comprendre, si tu veux. Et cela me permet comme cela, en posant des questions, en intéressant à eux, de créer une relation de confiance. Et ils voient derrière que je suis à l’écoute, que je ne suis pas simplement là pour leur vendre mes trucs, que je suis réellement à l’écoute.

 

Donc, il faut que tu te confrontes au marché directement et que tu te casses les dents. Il faut que tu te foires. Il faut que tu apprennes à trouver des clients. Il faut que tu essaies en fait, simplement. Si tu as peur du regard des autres, de te foirer, c’est normal mais cela se soigne. C’est-à-dire que, tu vois, moi, à la base, je n’avais pas de diplôme en particulier dans le domaine dans lequel je me suis lancé. Au tout début, je me suis lancé en tant que community manager freelance. Pour le coup, j’ai travaillé dans la pub et ensuite dans la pub dans le digital, mais en soi, je n’avais pas vraiment, tu vois, je n’avais pas de diplôme en réseaux sociaux. Je ne savais pas forcément, je ne maitrisais pas forcément Snapchat, etc. Donc, je me suis lancé comme cela. Et en plus de cela, en plus de ne pas forcément avoir de super bonnes compétences, enfin tu vois, de ne pas être sûr de mes compétences – j’avais quand même des bases, je ne dis pas que j’étais complètement nul, loin de là, pas du tout même – mais voilà, je n’étais pas très sûr de moi. Et justement, c’est cela le problème, c’est qu’en plus d’être un petit peu instable au niveau des compétences, j’étais surtout pas du tout sûr de moi. C’est-à-dire que j’avais extrêmement peur. Je suis quelqu’un d’extrêmement introverti à la base, même de timide. Ce n’est pas forcément lié mais, à la base, je suis très timide. Si tu veux, j’ai beaucoup de mal à aller vers les autres, etc. Aujourd’hui, j’appelle des personnes qui ont des business à plusieurs millions. Je peux parler à n’importe qui au téléphone, en face à face. Je ne me dégonfle pas, c’est-à-dire que je suis capable de dire « non » à plusieurs milliers d’euros quand c’est nécessaire auprès d’un business.

 

Bref, tout ça, ça s’apprend. Tout ça, ça se soigne. Le fait d’avoir peur, le fait de ne pas être sûr de soi, le fait, tu vois, de ne pas vouloir prendre le téléphone et le décrocher, le fait de ne pas vouloir donner un prix, le fait de… tout ça, ça s’apprend. Mais il faut que tu te foires. Il faut que tu passes par plusieurs étapes. Il faut que tu te casses les dents. Et en fait, c’est vraiment en faisant que tu vas y arriver et que tu vas te débloquer, si tu veux. Et dis-toi que… – et je pense que c’est cela en fait la clé, c’est vraiment la clé de la réussite – dis-toi que si tu n’acceptes pas d’apprendre sur le tas et de te tester, de te foirer, personne ne le fera pour toi. C’est-à-dire que là, c’est une obligation personnelle. Si être consultant, être indépendant – parce que cela va de pair être consultant et indépendant – si c’est vraiment ton objectif, il n’y a pas de raison que tu n’essaies pas, que tu ne te confrontes pas au marché. Certains parleraient de l’école de la vie, si on parle avec des vieilles expressions à la con. Tu vois, personne ne va le faire pour toi. Tu ne bosses pas pour des notes là. Personne ne te donne de diplôme derrière. Il n’y a personne qui est en train de te noter, tu le fais pour toi et c’est l’unique voie.

 

J’ai donné des cours il n’y a pas très longtemps, il y a un mois, un mois et demi je ne sais plus, en école, et j’étais assez halluciné par le nombre de… par les personnes en fait, à quel point elles sont scolaires, à quel point les personnes sont scolaires. C’est-à-dire qu’elles arrivent pour la note d’absence. Elles arrivent pour la feuille d’appel, pardon. Donc, elles veulent avoir leur mot, enfin leur petit nom pour que, derrière, l’administration soit bien sûr qu’elles ont été en cour. La première question qu’on posait, c’est : « Est-ce qu’il va y avoir une note ? Est-ce que votre cours, il est noté ? » Il y a un moment, il faut prendre ses responsabilités, tu vois. Enfin, le diplôme si tu te poses la question : « Comment est-ce qu’on devient un consultant sans diplôme ? » c’est que tu as été vraiment… c’est qu’on t’a mis dans la tête le fait que diplôme égal métier. Ce n’est pas du tout le cas. Et c’est encore une fois la beauté du consulting et c’est comme cela que tu peux devenir indépendant. Enfin, je veux dire, l’avantage notamment du digital si tu travailles sur le digital, c’est que c’est un métier, ce sont des métiers qui sont « tout neuf », donc derrière, les diplômes ne sont même pas géniaux, tu vois. Et donc, il vaut mieux apprendre tout seul sur le tas. Mais du coup, enfin, il faut que tu testes encore une fois. Il y a trop de gens qui veulent y arriver du premier coup, mais souvent, ce sont ces personnes qui n’y arrivent pas.

 

Moi, j’ai pas mal de gens qui me posent des questions, qui me disent : « Comment est-ce je fais pour décrocher tel truc ? » Et souvent je pose – tel contrat, tel type de client – souvent, je pose la question : « Est-ce que tu as déjà posé des questions à ces personnes-là ? Est-ce que tu as testé ? Est-ce que tu leur as proposé tes services ? Est-ce que tu as essayé de parler à des gens ? » Et souvent, ces personnes me disent « non ». Et le truc, c’est que, ce que je leur dis, c’est que si tu ne fais pas cela, tout ce que tu es en train d’entreprendre, c’est de la théorie. C’est de la pure théorie. Cela reste dans ta tête. Il faut que tu confrontes tout cela au marché. Et si tu n’acceptes pas de le faire, tu n’avanceras pas. Donc, je pense vraiment que pour devenir consultant sans diplôme, c’est possible. J’ai réussi à le faire, mais il faut avoir cette qualité. Il ne faut pas être perfectionniste en fait, si tu veux. Il ne faut pas attendre la bonne opportunité ou le bon moment ou le bon client. Il n’existe jamais. C’est-à-dire que moi, j’ai plein de clients avec qui ce n’est pas forcément toujours intéressant, du coup, je dis non. Mais il faut que tu te crées des opportunités. Les opportunités ne viennent pas d’elles-mêmes, toutes seules.

Le mot de la fin

Voilà, donc, le diplôme n’est pas un sésame. Le diplôme ne te permet pas de devenir indépendant et c’est même un atout de ne pas avoir de diplôme encore une fois. Mais ne travaille pas pour les notes, ne travaille pas… enfin ne sois pas perfectionniste. Même si, voilà… ne fais pas gaffe aussi aux regards de tes proches, de ta famille, etc. J’ai beaucoup de gens qui disent : « Oui, mais mes proches veulent que… ils ont peur que je me lance en tant qu’indépendant. Ils ont peur que je n’aie pas de sécurité, etc. » Travaille pour toi, pour ton avenir. Moi, le fait de devenir, d’être devenu consultant, c’est la meilleure décision que j’ai prise de ma vie, honnêtement. Parce qu’aujourd’hui je suis beaucoup plus heureux qu’auparavant. Et j’ai débuté sans diplôme en apprenant sur le tas, en me foirant, en me cassant les dents. Et quand je vois les personnes, tu vois, dans l’agence de publicité en face de chez moi, ils sont en train de se faire des pauses toutes les cinq minutes, des pauses clope, etc. je ne les envie pas du tout, mais alors vraiment pas du tout.

Je suis très heureux d’avoir fait ce choix de refuser un CDI et d’avoir tenté l’aventure. Alors, évidemment, tout n’est pas rose au début. Il faut, encore une fois, il faut se former mais pour soi. Il faut essayer les choses. Tu vas te foirer, tu vas perdre de l’argent. J’ai perdu beaucoup d’argent, j’ai perdu beaucoup de temps, mais aujourd’hui, je suis arrivé à un stade où je sais ce que je fais, je sais où je vais. J’apprends toujours. Il faut toujours se remettre en question, mais c’est totalement faisable et tu vas perdre de moins en moins de temps, tu vas perdre de moins en moins d’argent. Tu vas être de plus en plus calé et c’est comme cela qu’on y arrive. C’est en itérant, c’est en y allant étape par étape. Il faut passer par des échecs.